Adonis Bondek est réalisateur et ingénieur du son, d'origine syrienne. Sa résidence s'est tenue dans une école de Valence, en réseau d'éducation prioritaire. Son père, poète, est mort sous le régime de Bachar Al-Assad en Syrie. Adonis garde ses textes, les traduit avec sa mère.
Il arrive en classe avec ce projet en cours, et il le partage. Il leur lit un poème de son père au début de la première séance.
Danser dans ce chaos avec une telle joie signifierait que la mort arrive sans doute. Et c'est ce qui ajoute à mes jours un autre goût. Et parce que la mort reprendra tout de moi, je ne m'attacherai à rien.
Poème du père d'Adonis Bondek, traduit par lui
Tout passe par l'expérience sensorielle, par l'observation. Il propose, les élèves entrent.
Il propose un protocole simple. Les enfants écrivent leurs propres poèmes. Adonis les guide, leur prête le micro de proximité, leur fait découvrir le casque, leur apprend la patience d'un enregistrement. Des élèves qui découvrent ce qu'un microphone amplifie. Qui s'en emparent. Je travaille avec le son. Leur fascination, je la reconnais.
Ce qui m'a frappé sur place, et que j'ai mis au centre du montage, c'est la circulation. Adonis transmet ce qu'on lui a transmis. Les poèmes du père deviennent une méthode. La méthode permet aux enfants d'écrire les leurs.
Un enfant qui se met à pleurer en lisant son poème. Un autre qui dit il nous emporte vers des lieux lointains où les nuages chantent et les rivières rigolent et qui le redit deux fois parce qu'Adonis lui demande, tout doux, de prendre son temps. Le silence dans la classe quand Adonis parle de son père. Les élèves ont parlé de violence locale, de problèmes sociaux. Avec une voix lyrique.