Silhouette d'une femme de dos dans la nuit, lumières urbaines floues en bokeh. Noir et blanc, scope. Toutes nos excuses.
raul p maciel

toutes nos excuses

tournage 2014 · finalisation 2015
court-métrage fiction · autoproduction
france, brésil

Court-métrage autoproduit. Un film-lettre. Le sujet est la difficulté à demander pardon.

Une seule sélection, parmi les films du Minas Gerais, à la Mostra de Tiradentes. Le film a surtout circulé là où il devait, vers ses destinataires.

L'origine

Noël 2012, à Paris. Je reçois deux amis. Je traverse un moment difficile. Je suis un mauvais hôte, je dépasse plusieurs limites. Ils partent sans dire au revoir. Une note sur la table.

Pendant un an, je n'arrive pas à m'excuser. Je ne trouve pas la forme. C'est de cette paralysie qu'est née l'idée du film.

L'idée

Faire un film sur la difficulté même de demander pardon. Un film-lettre adressé aux deux personnes en question. La forme contiendrait le geste que je n'arrivais pas à poser.

Main qui tient une lettre pliée, façades parisiennes floues à l'arrière-plan. Plan rapproché, noir et blanc.
la lettre

Le seuil

La culpabilité et le pardon ont une longue tradition, en littérature comme en cinéma, d'Augustin à McEwan, de Dostoïevski à Bergman. Ce qui m'intéressait, c'était le seuil. L'instant juste avant qu'on demande pardon, et la version où l'on n'y arrive pas du tout.

Le film hérite de la situation qu'il prétend résoudre. Pudeur, retenue, peu de mots dits. Un mystère involontaire finit par cerner le récit sans qu'il s'y appuie. C'est un nœud que je ne savais pas encore défaire, et auquel je suis revenu plus tard, dans d'autres projets.

Portrait face caméra d'une jeune femme dans une bibliothèque, sous-titre 'You should not forget the m.' en bas du cadre. Noir et blanc, scope.
« you should not forget the m. »

Tournage

Tournage à deux. L'autre personne est le personnage du film. On se passait le micro l'un à l'autre. C'est la première fois que je tiens seul l'image et le son d'un film, et la première fois que je suis aussi devant la caméra.

Une Canon 5D Mark III, Magic Lantern pour la captation RAW. L'investissement personnel posé sur la post-production image et son.

Ce qui manquait

Un film sans budget, qui pèche pourtant sur le scénario. Précisément la chose qui ne demandait pas d'argent.

Un parcours de financement n'est pas qu'une question de chèque. C'est la chaîne professionnelle qu'il oblige. Une boîte de production, un producteur, une écriture qui passe par des allers-retours, des refus, des réécritures. C'est ce filtre qui fait évoluer un projet. Toutes nos excuses montre ce qui manque quand le filtre n'existe pas.

Ce que le film a fait

Sans production derrière, je n'ai pas envoyé le film à beaucoup de festivals. Une seule sélection, parmi les films du Minas Gerais, à la Mostra de Tiradentes au Brésil.

Le film a fait son chemin autrement. Il a été envoyé à mes amis et, plus tard, nous avons retrouvé des moments ensemble. Nous avons voyagé ensemble. Ce que le film devait faire, il l'a fait.

La distance entre ce que le projet promet et ce qu'il livre m'a appris l'importance de la phase de recherche et d'écriture. Toutes nos excuses est un geste plus qu'un film, je ne le compte pas comme un retour à la pratique du cinéma.

générique
Réalisation
Raul P Maciel
Format
Court-métrage de fiction
Production
Autoproduction
Image
Canon 5D Mark III, RAW (Magic Lantern)
Tournage
2014
Finalisation
2015
Langues
FR, EN
Diffusion
Lettre privée. Sélection des films du Minas Gerais, Mostra de Tiradentes (Brésil).